Le dialogue

J’ai les mots

Erik ORSENNA, La grammaire est une chanson douce
Chapitre XX, Éditions Stock, 2002

Pour rendre au dialogue sa cohérence et sa gradation, déplacez dans le bon ordre les éléments de la colonne droite vers ceux de la colonne gauche.

L’auteur ou l’éditeur ont pris le parti d’alléger la typographie : nuls guillemets n’encadrent le dialogue, lequel s’ouvre donc par un tiret cadratin au lieu des traditionnels guillemets ouvrants.
Leur bateau ayant fait naufrage, Jeanne et son frère Thomas trouvent refuge sur une île inconnue et magique où les mots mènent leur vie.

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— Qui es-tu ?
— Un écrivain-pilote.
— Où est ton avion ?
— Au fond de la mer.
— Il ne te manque pas trop ?
— J’ai les mots. Quand on est leur ami, ils remplacent tout, même les avions cassés.  
— Comment tu t’appelles ?
— Antoine. Mais je suis plus connu par mon diminutif. Saint-Ex.
— Comme celui du Petit Prince ?
— C’est moi. L’île m’a recueilli. C’est le seul endroit où aller pour un écrivain mort.
— Mais tu n’es pas mort puisque tu me parles !
— Je ne suis pas mort parce que j’écris.