Le dialogue

Le hibou, le chat, l’oison et le rat

FLORIAN, Fables, Livre I, Fable 18

Sélectionnez chaque incise ôtée au texte et collez-la où la situation de communication le suggère. Tenez compte des majuscules.

   disait le chat      dit l’oison en colère      Leur cria      Répondait le hibou   
De jeunes écoliers avoient pris dans un trou
            Un hibou,
Et l’avoient élevé dans la cour du collège.
Un vieux chat, un jeune oison,
Nourris par le portier, étaient en liaison
Avec l’oiseau ; tous trois avoient le privilège
D’aller et de venir par toute la maison.
        À force d’être dans la classe,
        Ils avoient orné leur esprit,
Savaient par cœur Denys d’Halicarnasse
Et tout ce qu’Hérodote et Tite-Live ont dit.
Un soir, en disputant (des docteurs c’est l’usage),
Ils comparaient entre eux les peuples anciens.
« Ma foi, , c’est aux égyptiens
Que je donne le prix : c’était un peuple sage,
Un peuple ami des lois, instruit, discret, pieux,
        Rempli de respect pour ses dieux ;
Cela seul, à mon gré, lui donne l’avantage.
        — J’aime mieux les athéniens,
: que d’esprit ! Que de grâce !
        Et dans les combats quelle audace !
  Que d’aimables héros parmi leurs citoyens !
A-t-on jamais plus fait avec moins de moyens ?
        Des nations c’est la première.
        — Parbleu ! ,
        Messieurs, je vous trouve plaisants :
        Et les romains, que vous en semble ?
        Est-il un peuple qui rassemble
Plus de grandeur, de gloire, et de faits éclatants ?
        Dans les arts, comme dans la guerre,
        Ils ont surpassé vos amis.
        Pour moi, ce sont mes favoris ;
Tout doit céder le pas aux vainqueurs de la terre. »
Chacun des trois pédants s’obstine en son avis,
Quand un rat, qui de loin entendait la dispute,
Rat savant, qui mangeait des thèmes dans sa hutte,
: « Je vois bien d’où viennent vos débats :
        L’Égypte vénérait les chats,
Athènes les hiboux, et Rome, au capitole,
Aux dépens de l’état nourrissait des oisons :
Ainsi notre intérêt est toujours la boussole
        Que suivent nos opinions. »