Ce soir-là (Suite)

Ouverte ou fermée

J’entendais la pluie battre les pavés comme si j’étais dans la rue : la porte d’entrée était grande ouverte ! Sans réfléchir, je me précipitai pour la fermer. Soudain, l’obscurité envahit le couloir. Quand j’actionnai l’interrupteur, je fus intrigué par une anomalie que mes sens percevaient mais que mon esprit ne se représentait pas. Quelle nuit ! Zut ! je ne voyais pas la porte donnant sur la petite cour, point de vue habituel quand on entrait dans l’immeuble : celle du bureau de l’opticien faisait écran – elle était donc ouverte !

Je pensai d’abord jeter un œil à l’intérieur mais je préférai appeler du secours sans tarder. Avais-je inconsciemment peur ou ne voulais-je pas risquer de déplacer les indices ? je n’en sais rien. J’avais laissé mon portable en haut. J’escaladai les marches quatre à quatre (souvenez-vous : je suis encore étudiant et, je le précise, néanmoins sportif) et je me jetai sur l’appareil, dont la pile devait hélas être rechargée. Le chargeur ? j’avais dû le laisser sur le campus. Il me fallait donc aller en personne au poste de police – quelle heure était-il ? – … à trois heures du matin !

À peine avais-je redescendu les étages, que je vis l’opticien s’avancer vers moi, les mains sur les hanches :

— C’est vous qui avez fermé la porte ? que faites-vous ici en bas à cette heure de la nuit ?

— Comment ? vous demandez à vos locataires de fermer la porte pour votre sécurité, et vous la laissez ouverte quand il s’agit de la leur ?

— Il faisait si chaud ! je ne pouvais pas dormir chez moi, je suis parti faire un tour en voiture, espérant me rafraîchir… et je suis arrivé devant mon magasin. J’ai ouvert portes et fenêtres : ce courant d’air, la pluie qui dégouline, la cour ainsi hors du temps, m’ont rappelé mes débuts, quand je logeais encore dans cette maison, dans votre appartement d’ailleurs. Je revis. Au fond je ne connais la ville qu’en semaine, et durant la journée seulement. J’avais oublié comme je pouvais m’y sentir bien. Je pensais vendre ma boutique, je pense vendre ma villa.

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